samedi 16 janvier 2010

De l'eau vive... (Qu'est-ce qui rend heureux?)

« Je suis pratiquement en train de commettre une indécence. J’essaye ici d’ouvrir de force l’inconsolable secret dans chacun de vous; le secret qui fait si mal que vous vous en vengez en le traitant de tous les noms, tels que Nostalgie, Romantisme et encore Adolescence. […] Cette nostalgie perpétuelle, notre désir profond d’être réunis à quelque chose dans l’univers dont nous nous sentons déconnectés, d’être de l’autre côté d’une porte que nous avons toujours vue de l’extérieur, n’est pas une fantaisie névrotique quelconque, mais le meilleur indice de notre situation réelle. […] La sensation d’être traités comme étrangers dans cet univers, ce besoin d’être accepté, de recevoir une réponse, de traverser un vide béant entre nous et la réalité, fait partie de notre inconsolable secret. […] C’est de plaire à Dieu… D’être un véritable ingrédient dans la joie divine… D’être aimés par Dieu, non pas seulement en recevoir la pitié, mais qu’il se réjouisse de nous, comme un artiste qui se réjouit de son œuvre, ou un père de son fils. […] [D’être acceptés, reconnus, entendus par Dieu, et accueillis dans le cœur des choses. Un jour, on espère, la porte à laquelle nous avons frappé s’ouvrira finalement…] »

C.S. Lewis, The Weight of Glory (traduit de l’anglais), morceaux paraphrasés par Tim Keller

Une des questions existentielles les plus grandes : qu’est-ce que la vraie joie? Quelle est la chose qui, quand on l’obtient, on n’a plus besoin de rien d’autre pour être satisfait ?

On se trouve dans un monde où, après des milliers d’années, les hédonistes et les ascétiques pensent encore qu’ils sont originels… C’est assez drôle si on y réfléchit : les hédonistes romains étaient encore plus extrêmes que ceux d’aujourd’hui, mais maintenant, il y a une nouvelle vague aussi d’ascétisme, avec les straight-edge, les hare-krishna, les bouddhistes hippie etc. comme s’ils venaient d’inventer quelque chose de nouveau. Ces « écoles » essayent toutes de trouver le bonheur, les hommes essayent continuellement de trouver le bonheur, et ils finissent par le chercher partout. Et c’est normal de chercher le bonheur ! Mais pourquoi ne sommes-nous jamais satisfaits ?

L’Ecclésiaste à battu tout le monde de plusieurs siècles en venant à la conclusion que ces deux manières de vivre (plaisir/sagesse) finalement ne mènent à rien (Ecclésiaste 2). Pourquoi ? Parce qu’on meurt tous, et on n’y peut rien. Même si on réussit à trouver un peu de bonheur dans cette vie, sans qu’il y ait quelqu’un qui nous mette le bâton dans les roues (et déjà ça c’est difficile), ce bonheur nous est vite enlevé, car on meurt, et on laisse tout ce qu’on avait ici…

Bibliquement, la mort est entrée dans le monde avec le péché, dans la Genèse 3. Les effets immédiats de la mort étaient la séparation de Dieu. Un vide s’est créé dans nos cœurs au moment d’être séparés de notre Créateur. On est censé recevoir notre sens d’identité de Dieu, mais on finit par le chercher ailleurs. Søren Kierkegaard, le philosophe danois soutient que le péché, c’est exactement cela : chercher son identité en dehors de Dieu. C’est prendre les bonnes choses que Dieu a créé et en faire des choses « ultimes », ou absolues, des dieux !

Toute la vie est passée en essayant de combler ce vide, mais rien de ce qui est créé ne peut combler le vide infini laissé par le Créateur… On finit par louer le sexe, le succès, même la famille, on loue même les bonnes mœurs, ou la liberté, ou encore la tolérance, mais ces choses ne suffisent jamais car elles ne peuvent combler ni satisfaire et à la fin, elles nous rendent esclaves…

Les lettres de Pierre sont adressées à des églises souffrantes, sous persécution, mais il y a quelque chose d’assez étrange dans ce qu’il écrit (1 Pierre 1.8-9) :

Vous l'aimez sans l'avoir vu, vous croyez en lui sans
le voir encore et vous vous réjouissez d'une joie indescriptible et glorieuse
parce que vous obtenez le salut de votre âme pour prix de votre foi.

Ces individus ont trouvé quelque chose qui, même s’ils ne le voient pas, les remplit quand même d’une joie indescriptible, malgré toutes leurs souffrances, en plein dans leurs souffrances !!! Qu’est-ce que cette joie ?

vv.1-5 : Dieu les a faits naître de nouveau à un espoir vivant, choisis pour être obéissants à Jésus-Christ.

Jésus-Christ a apporté une transformation en eux (v.3) qui a comblé le vide, et qui les soutient, même au milieu de leurs difficultés ! Mais qui est ce Jésus-Christ ?

Jean 1.1-18 et Colossiens 1.15-24 (étudiez-les bien !) nous présentent Jésus… Le créateur (Jn 1.3, Col 1.16), Dieu lui-même (Col. 1.15, 19, Jn 1.1-2) venu parmi nous pour nous faire connaître Dieu, et pour nous donner le droit de devenir fils et filles de Dieu (Jn 1.12-13), réconciliés à lui (Col. 1.20-22). Nous avons reçu de sa plénitude (Jn 1.16). Voilà où se trouve la seule et vraie joie. On est mort à cause du péché, et le plus on essaye de combler ce trou par d’autres choses, le plus on s’approche de la mort physique. Jésus à inversé ce que nous avons fait quand nous avons choisi de pécher, en mourant pour nous. Il faut que nous mourions à notre vie telle qu’elle est et qu’on renaisse à la nouvelle vie que Jésus nous donne à travers le Saint-Esprit, car l’obéissance à Jésus c’est la vraie joie ! (1 Pierre 1.1-5)

La vraie joie vient quand on devient ce qu’on est appelé à être : un enfant de Dieu ! Tous les autres dieux nous rendent esclaves, nous soumettent à eux et nous détruisent : quand on veut être le maître de sa vie, on devient soumis aux choses auxquelles on aspire, car elles finissent par définir qui on est. Quand on soumet notre vie à Dieu, et que c'est lui qui nous définit, c’est là qu’on devient finalement libre !

Tim Keller en citant C.S. Lewis dit (traduit de l’anglais) : « Il est mieux de sentir faim pour Dieu et ne pas manger que de ne pas sentir cette faim du tout. La faim-même est en quelque sorte satisfaisante… Et ça, ça veut dire que Dieu doit être vraiment génial ! Car il est la seule nourriture dont l’appétit sans la consommation nous nourrit… Qu’est-ce que ça doit être de finalement en manger… ? »

mercredi 23 décembre 2009

Toutes les religions sont-elles pareilles?

Un des plus gros problèmes qu’a le monde postmoderne avec la foi chrétienne, c’est son exclusivité, c’est-à-dire, la croyance qu’il ne peut y avoir d’autres religions correctes, qui mènent aussi au paradis ; la conviction que nous avons la réponse, la clé, la vérité. Ils trouvent cela offensif et intolérant. La phrase type qu’on entend dans les collèges, les universités, les bars etc. ces jours-ci est la suivante : « à la fin, toutes ces religions disent la même chose, elles sont toutes pareilles… » … Attention : aller contre cette déclaration est dangereux. Mais nous allons tout d’abord voir pourquoi cette déclaration est fausse et malhonnête, avant de regarder les choses qui distinguent le message chrétien radicalement de tous les autres.

Une autre manière de dire cette phrase serait : « toutes les religions s’équivalent, elles ont toutes la même valeur. » Mais cette affirmation est en réalité intellectuellement malhonnête, et nous allons voir pourquoi. Tout d’abord, le dos de la médaille de cette affirmation, c’est que personne n’a le droit de dire que sa religion est celle véritable, personne ne peut dire qu’une autre religion a tort… Mais n’est-ce pas là une affirmation basée sur un point de vue religieux en quelque sorte ? La personne qui me dit cela, est-elle capable de me prouver que c’est ainsi ?

Une image qui est utilisée parfois pour dire que toutes les religions sont les mêmes est celle d’un groupe d’aveugles qui rencontrent un éléphant[1] ; chacun d’entre eux saisit une partie de l’éléphant, et l’un dit : « les éléphants sont des créatures longues et flexibles… » (ayant saisi la trompe), l’autre : « Non, les éléphants sont ronds et durs… » (la patte), et encore un autre : « Détrompez-vous ! Les éléphants sont larges et plats. », (le côté). La réponse à ces trois aveugles, à l’évidence, c’est qu’ils ont tous les trois raison en quelque sorte, et tous les trois, également tort. Il en est ainsi des religions, elles ne voient qu’en partie, et donc ne devraient pas se disputer sur laquelle a raison. Leslie Newbiggin, un pasteur, missionnaire et missiologue britannique, après avoir entendu cet exemple utilisé des tonnes de fois, s’est enfin rendu compte que celui qui utilise cet exemple ne pourrait savoir que les aveugles ne voient que des différentes parties de l’éléphant que si lui-même voyait l’éléphant et n’était pas aveugle, et donc est en train de s’établir au-dessus des autres. C’est malhonnête et sournois ! L'image qu'on entend souvent ces jours-ci est celle de la montagne, très similaire: "Toutes les chemins mènent à la cime de la montagne!"... La seule personne qui peut affirmer cela est celle qui se trouve, ou qui croit qu'elle se trouve, tout en haut! C’est une « apparence d’humilité » comme le décrit Newbiggin, mais en fait c’est une attitude incroyablement arrogante ! Si on y réfléchit bien, c’est clair : « Personne ne peut dire que l’autre à tort, et si vous le faites, vous avez tort ! » Cette manière de pensée interdit aux autres de faire ce que la personne même est en train de faire. Et ça vaut la peine de le répéter, cette personne ne peut prouver ce qu’elle dit ! C’est en fait une déclaration de croyance religieuse ! Et c’est malhonnête…

Mais ce qu’elle est en fait en train de dire, c’est souvent une de deux choses : toutes les religions ont toutes la même valeur, c’est-à-dire aucune valeur ; ou bien, qu’elles apportent toutes la même chose, ce quelque chose en général lié à un sens de moralité… Mais les chrétiens, les musulmans et les bouddhistes savent très bien que leur sens de moralité à chacun est bien différent, et de toute façon, la moralité n’est pas la chose centrale, donc en essayant d’être tolérante, la personne est en fait condescendante !

Il faut faire la distinction entre l’évangile et les autres religions, et c’en vaut vraiment la peine, parce que l’évangile est radicalement différent de tout ! Toutes les religions parlent en un certain sens d’une forme de salut, mais elles ont toutes un objectif différent dans le salut, et c’est aussi pourquoi on ne se trouvera pas tous au paradis en se disant « oh tiens, après tout, toutes les religions menaient vraiment au même endroit ! », parce qu’en fait on est tous en train d’aller dans des directions très différentes pour le « salut ». La majeure partie des religions voient le salut comme une libération de ce monde maudit et d’un moment où on se défait finalement de nos corps, « on se casse finalement !!! » La Bible enseigne quelque chose de très différent, (mais qui a été perdu à cause de la mauvaise doctrine, du mauvais enseignement) c’est-à-dire que le paradis c’est en fait le renouveau de la Terre, et une éternité vécue dans des corps physiques… La chose hallucinante, c’est que Dieu même à pris une forme physique, en Jésus, et que Jésus même sera un homme dans la nouvelle terre ! (Hébreux, Apocalypse) Le cœur de Dieu, c’est de renouveler cette Terre, donc on œuvre pour la restauration de cette Terre, on veut y apporter de Royaume de Dieu.

Le deuxième contraste total entre l’évangile et la religion, c’est que les hommes essayent en continuation d’atteindre Dieu, ou en tout cas quelque chose de divin, de spirituel, mais la Bible dit qu’il est impossible pour l’homme de monter à Dieu (Genèse 11), même arrogant d'y essayer, mais que c’est Dieu avec la plus grande humilité qui descend parmi nous !... Jésus.

La première attitude génère de l’orgueil vis-à-vis de Dieu et des autres hommes qui n’atteignent pas le « niveau de sainteté nécessaire », sans se rendre compte de la profondeur du péché dans soi-même, mais la deuxième transforme, apporte une humilité repentante et ce faisant permet de connaître Dieu personnellement ! (Il montre l’ultime humilité… Philippiens 2.5-11)

L’humilité de Dieu va encore plus loin, au point d’être le sacrifice pour les péchés des hommes, donc la méthode de la Grâce invertit complètement les rôles ! Ce ne sont pas les hommes qui font les offrandes, mais Dieu qui fait l’offrande à soi-même, afin de nous pardonner complètement. Il obtient pour nous ce que nous ne pouvions jamais obtenir, et au lieu de nous donner la punition ultime pour notre désobéissance à Dieu, il la prend lui-même !…

À la suite de cela, ceux qui suivent Jésus imitent son humilité, reconnaissent leur propre péché, et ils ne peuvent en aucun cas se vanter de leur salut, parce qu’ils n’ont rien fait pour l’obtenir, ils l’ont reçu gratuitement ! (Éphésiens 2.1-9) Ils vivent parmi des gens différents, qui croient des choses différentes , en maintenant une attitude humble et de service, même quand ils ne sont pas aimés, même quand ils sont persécutés. Ils ne vont pas opprimer des personnes qui croient quelque chose de différent, Jésus ne le leur permet pas, ils vont plutôt les servir.

En conclusion, la transformation dans la vie d’un chrétien, et la différence radicale qu’il y a entre un chrétien et quelqu’un qui vit pour une autre croyance : nos péchés sont pardonnés et on est accepté, donc on obéit avec joie et amour ; le contraire, c’est obéir dans la crainte pour que nos péchés soient pardonnés et pour qu’on soit enfin accepté, mais jamais sûrs de notre salut. Après, si on vit ça d’une autre manière, les autres ont tout à fait le droit de nous appeler des hypocrites, mais il faut aussi se rappeler qu'on est tous en train d'apprendre…



[1] Keller, The Reason for God, pp.8-9

mardi 8 décembre 2009

Dieu a-t-il perdu le contrôle!

Comment peut-on croire à un Dieu à la fois bon et tout-puissant quand on regarde ce monde et on voit le chaos et la souffrance qu’il y a ?

Je commence en citant :

Romains 1.16-32 : En effet, je n'ai pas honte de l'Evangile [de Christ]: c'est la puissance de Dieu pour le salut de tout homme qui croit, du Juif d'abord, mais aussi du non-Juif.
17
En effet, c'est l'Evangile qui révèle la justice de Dieu par la foi et pour la foi, comme cela est écrit: Le juste vivra par la foi. La colère de Dieu se révèle du ciel contre toute impiété et toute injustice des hommes qui par leur injustice tiennent la vérité prisonnière,
19
car ce qu'on peut connaître de Dieu est évident pour eux, puisque Dieu le leur a fait connaître.
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En effet, les perfections invisibles de Dieu, sa puissance éternelle et sa divinité, se voient depuis la création du monde, elles se comprennent par ce qu'il a fait. Ils sont donc inexcusables,
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puisque tout en connaissant Dieu, ils ne lui ont pas donné la gloire qu'il méritait en tant que Dieu et ne lui ont pas montré de reconnaissance; au contraire, ils se sont égarés dans leurs raisonnements et leur cœur sans intelligence a été plongé dans les ténèbres.
22
Ils se vantent d'être sages, mais ils sont devenus fous,
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et ils ont remplacé la gloire du Dieu incorruptible par des images qui représentent l'homme corruptible, des oiseaux, des quadrupèdes et des reptiles.
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C'est pourquoi Dieu les a livrés à l'impureté par les désirs de leur cœur, de sorte qu'ils déshonorent eux-mêmes leur propre corps,
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eux qui ont remplacé la vérité de Dieu par le mensonge et qui ont adoré et servi la créature au lieu du Créateur, qui est béni éternellement. Amen!
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C'est pour cette raison que Dieu les a livrés à des passions déshonorantes: leurs femmes ont remplacé les rapports sexuels naturels par des relations contre nature;
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de même, les hommes ont abandonné les rapports naturels avec la femme et se sont enflammés dans leurs désirs les uns pour les autres; ils ont commis homme avec homme des actes scandaleux et ont reçu en eux-mêmes le salaire que méritait leur égarement.
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Comme ils n'ont pas jugé bon de connaître Dieu, Dieu les a livrés à leur intelligence déréglée, de sorte qu'ils commettent des actes indignes.
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Ils sont remplis de toute sorte d'injustice, [d'immoralité sexuelle,] de méchanceté, de soif de posséder et de mal. Leur être est plein d'envie, de meurtres, de querelles, de ruses, de fraudes et de perversité. Rapporteurs,
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ils sont aussi médisants, ennemis de Dieu, arrogants, orgueilleux, vantards, ingénieux pour faire le mal, rebelles à leurs parents.
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Dépourvus d'intelligence, de loyauté, d'affection, ils sont [irréconciliables,] sans pitié.
32 Et bien qu'ils connaissent le verdict de Dieu déclarant dignes de mort les auteurs de tels actes, non seulement ils les commettent, mais encore ils approuvent ceux qui agissent de même.

C’est un passage offensif et défiant. Pour tout le monde. Pourquoi ? Parce que Paul nous traite tous de tout ! Waouh, voilà une nouvelle : tu n’as pas raison. Tu as tort. C’est la raison pour laquelle ce monde va mal.

Y’a beaucoup de gens qui raisonnent ainsi: s’il y a un dieu, soit il est tout-puissant mais indifférent, soit il est intéressé mais impuissant, puisque le mal dans le monde continue, mais en tout cas, il ne peut être le dieu des chrétiens, selon lesquels il serait bon et tout-puissant. Mais ce raisonnement présume certaines choses : tout d’abord il se défait de toute responsabilité personnelle pour le mal qu’il y a dans le monde, et il pense que le mal qui advient est sans raison… Et s’il y avait une raison que nous ne connaissons pas ? Que nous ne comprenons pas, de notre perspective réduite de l’histoire et du monde ?

Vous voyez, ce passage nous parle de plusieurs choses : tout d’abord, il parle de la rébellion de l’homme contre Dieu et la rage de Dieu contre le mal de ce monde (vv.18-23). L’homme a choisi de vivre pour soi-même, et Dieu le laisse faire (vv.24-32) ce qui mène à toute la débauche, la confusion, les idoles et le mal de ce monde. Personne ne peut se défaire de sa responsabilité, tous sont sans excuse (v.21, vv.28-32). Ce n’est pas Dieu qui a perdu le contrôle, mais l’homme ! Donc, au lieu de donner la faute à Dieu, ils doivent se repentir ! (Une parenthèse ici, je ne pense pas que Dieu laisse faire parce qu’il croit que le libre arbitre soit tellement important, plutôt, il le fait pour dénoncer le mal dans le cœur des hommes et pour montrer sa sainteté, complètement différente des hommes…)

Mais les deux premiers versets révèlent quelque chose d’intéressant : Dieu n’est pas passif au milieu de tout cela, il est en train de faire quelque chose. L’évangile est le plan de Dieu pour faire briller sa justice, sa sagesse, sa bonté et son pouvoir ! Dans sa souveraineté et son contrôle absolu, il est en train de sauver ce monde, à travers l’œuvre de Jésus ! Et Jésus est un exemple phénoménal de comment Dieu maîtrise la situation, malgré les circonstances apparemment adverses.

Jésus s’est incarné dans ce monde, est venu vivre au milieu des hommes, a vécu les mêmes expériences de tout le monde. Il a ri, il a pleuré, il a travaillé, il est allé à des mariages, il est allé à des enterrements, il a été rejeté, insulté, battu, condamné injustement, et finalement crucifié. Au milieu de ses souffrances, même Jésus crie « pourquoi ?! » (Matt. 27.46) Imaginez-vous les disciples, ce qu’ils pensaient quand Jésus fut arrêté : « Comment peut-il être le fils de Dieu après tout, si cela arrive ? » ou « Comment Dieu peut-il laisser faire ceci ? » (Ca ressemble à la ligne de pensée ci-dessus, n’est-ce pas ?)

Il y avait une raison très importante pour ce qui est arrivé à Jésus, que personne ne voyait quand ils se trouvaient dans la situation. Mais Jésus est ressuscité ! Et dans sa Résurrection, il s’est établi victorieux sur Satan, sur le péché et sur la mort ! Il avait une raison glorieuse qu’il a révélée au final…

Non, Dieu n’a pas perdu le contrôle, mais nous avons un grand espoir, parce que nous avons un Dieu qui n’est pas indifférent à notre situation, il est venu vivre le pire de notre situation, donc il comprend et il compatit, et il qui est puissant pour nous aider dans nos difficultés. Si on souffre, on peut mettre notre foi dans un Dieu qui pardonne, qui enlève notre honte, qui a toute autorité sur la terre et dans les cieux. Et, au final, il mettra fin à tous les maux en jugeant le monde avec son sceptre d’acier et il restaurera ceux qui mettent leur foi en lui en se rendant compte qu’eux aussi sont des pécheurs qui ont besoin d’être pardonnés ! (Apocalypse 19.15)

vendredi 27 novembre 2009

Dieu existe-t-il?

Comme j''ai dit que j'allais le faire, même si un peu tard, je publie ici quelques choses que j'avais écrit sur l'apologétique. En relisant et en corrigeant cet article, je me suis dit qu'il est plutôt "trash", il pourrait paraître en effet un peu belliqueux. Je ne pense pas que dans un discours je présenterais tous ces arguments à la fois ou en tout cas d'une manière si abrupte, mais je pense qu'afin de condenser tous ces arguments, vu que ça aurait fini par être très long, j'ai omis l'eau de rose... Et cela me saoule de l'ajouter ici. :)

Bon, voilà:


Il semble que les athées comme Richard Dawkins n’arrivent pas à saisir l’idée d’un dieu éternel et infini, limités tels qu’ils le sont par leur point de vue scientifique de cause et d’effet, demandant des preuves pour l’existence de Dieu. Mais Dieu ne se fait pas commander par les hommes, il ne rend compte à personne et eux-mêmes n’ont pas de base certaine pour asséner que « Dieu n’existe pas ! » La réalité c’est qu’on ne peut prouver aucune des deux assertions, car Dieu est éternel et en dehors du temps, donc il n’y a pas de « particules de dieu » quelque part dans l’univers… Dieu garde l’univers dans la paume de sa main. C’est assez choquant de découvrir que l’athéisme est une croyance minoritaire dans le monde, et selon l’éditeur en chef de The Economist (qui n’est pas particulièrement chrétien) il n’y a que trois endroits au monde où on croit toujours qu’il n’y a pas de dieu : le New York Times, l’université de Harvard, et l’Europe de l’ouest.[1]

J’aimerai ici tourner la question du titre dans un autre sens à celui qui déclare « dieu n’existe pas ! » en lui demandant : « pourquoi ?... Quel est le dieu dans lequel tu ne crois pas ? » Dans cette série, je veux défier les « certitudes rationnelles » des gens sur la non-existence de Dieu, et montrer que ces certitudes mêmes sont des croyances personnelles et choisies. Et à tous ceux qui croient déjà en un dieu, je veux présenter un Dieu bien plus grand de ce qu’ils puissent s’imaginer.

Bien qu’on ne puisse prouver rationnellement que Dieu n’existe pas ou qu’il existe (mis à part les preuves des miracles qui se produisent en continuation!), on peut parler d’indices, de petits (ou gros) signes qui nous aident à voir qu’il y a en effet un Dieu, et si ceux qui écoutent ouvrent un peu leur esprit, ils pourraient être touchés, en voyant cela.

- Le « Big Bang » et l’univers (le dessein intelligent ou intelligent design en anglais) : Les scientifiques sont presque tous d’accord sur le fait que l’univers a commencé avec une « explosion d’énergie » pour ainsi dire, et qu’avant, on ne sait pas ce qu’il y avait. Les scientifiques voient le fonctionnement du monde ainsi : cause-effet, action-conséquence. Ils ont du mal à croire que « rien » a fait « tout », mais ils ont du mal à croire que ce qui aurait créé tout n’a pas d’origine… Francis Collins, chercheur scientifique extrêmement respecté et directeur du projet du Génome humain, lui-même un chrétien, s’explique ce problème de cette manière. « Je ne peux imaginer comment la nature, dans ce cas l’univers, ait pu se créer elle-même. Le fait même que l’univers ait un début implique que quelqu’un était capable de le ‘débuter’. Et il me semble que ce quelqu’un devait être en dehors de la nature. Et ça, ça ressemble fort à Dieu. » (Dans une interview en 2006, traduit de l’anglais. http://www.salon.com/books/int/2006/08/07/collins/index2.html)

La chose encore plus intrigante est de voir l’harmonie des forces constantes de l’univers, qui, si elles étaient calibrées différemment, nous ne pourrions vivre sur cette Terre. Collins implique que d’un point de vue scientifique, on dirait que l’univers était fait pour nous. Ce n’est pas une preuve, mais c’est un argument fort puissant, car de penser à l’alternative, c’est-à-dire, que ce n’est que par hasard que cet univers se soit créé et que nous puissions vivre sur cette Terre (qui est une probabilité tellement minime), n’est pas intellectuellement très convaincant, et plutôt forcé. (Et entre autre, nous laisse toujours avec la question : qu’est-ce qui a commencé tout !)

- La beauté du monde et la soif pour le divin : à partir de l’argument du dessein intelligent, on peut ajouter celui de la beauté du monde : le point de vue athée typique, face à la beauté du monde, c’est que l’on est génétiquement et/ou sociologiquement prédisposé à trouver ce monde beau, les femmes belles, la musique inspirante etc. pour des raisons évolutionnaires. Mais cet argument n’est lui-même pas entièrement convaincant pour celui qui l’évoque, parce que cela signifie à la fin, qu’il n’y a aucune signification à ce monde. Entre autre, chaque individu a un désir profond et incomblable pour quelque chose d’évasif, lié à la beauté, l’amour, la joie et la signification. Partant de l’argument que la soif pour quelque chose, comme par exemple de l’eau, implique l’existence même de cette chose (l’eau), on a besoin de l’eau, comme on a besoin de l’air, et l’eau et l’air existent. La soif pour la beauté du monde, les sentiments évoqués par l’art, la musique, le sourire d’une femme, montrent une soif pour quelque chose de divin, impliquant l’existence de ce quelque chose… La Bible dit : « Il [Dieu] fait toute chose belle au moment voulu. Il a même mis dans leur cœur la pensée de l’éternité [ou « a mis l’éternité dans le cœur de l’homme »], même si l’homme ne peut pas comprendre l’œuvre que Dieu accomplit du début à la fin. » La Bible réussit à expliquer la raison pour cette soif évasive… Nous sommes appelés à l’éternité (c’est-à-dire, une relation avec Dieu). Ce n’est pas une preuve, mais c’est un indice très pertinent.

- L’argument de la moralité : l’observation du monde naturel nous montre qu’il est parfaitement normal pour les forts de détruire les faibles, et il en est de même pour la théorie évolutionnaire. Mais malgré le relativisme du XXème siècle, il persiste dans le cœur des individus un sens de bien et de mal, qui s’est manifesté de manière très active à travers le mouvement des droits de l’homme, avec des organisations comme ‘Amnesty International’ et des mouvements comme ‘Make Poverty History’. Mais cette ligne de pensée, ne va-t-elle pas complètement à l’encontre de ce qu’on sait du monde naturel, c’est-à-dire qu’il est parfaitement normal pour les puissants d’écraser les faibles ? D’où vient ce sens de moralité, et pourquoi sommes-nous tant dégoûtés par le mal dans le monde, si la loi du plus fort fait partie de l’ordre naturel de l’univers ? Qui peut me prouver que les hommes ont des droits ? De fait, nous sommes des monstres, si l’univers est normal ; où alors, il y a en effet quelque chose de surnaturel chez l’homme qui le rend différent du monde animal, qui lui donne une valeur spéciale… Les chrétiens voient cela dans le fait qu’on est créé à l’image de Dieu (Genèse 1.27), et donc on a une valeur incommensurable. Ironiquement, c’est le christianisme qui a apporté au monde l’idée qu’on est tous égaux et dignes du même respect : l’église du Ier siècle était complètement contre-culturelle en créant une communauté d’individus composée de riches, pauvres, libres, esclaves, hommes et femmes, de différentes races et nationalités, où tous étaient considérés égaux.

La conclusion, c’est que le Dieu de la Bible est en dehors du temps et de l’espace. Il a crée ce monde, mais il n’en fait pas partie. La seule manière possible de remarquer l’existence du créateur, ou de savoir quelque chose de lui et de comment il est, serait si lui-même inscrivait quelque chose sur lui-même dans sa création, comme si Molière s’inscrivait à l’intérieur de sa pièce de théâtre. Il y a des indices dans ce monde qui sont un argument très fort que le Dieu de la Bible existe, car ils montrent une compatibilité entre ce que la Bible dit de lui, et comment le monde est fait. Mais ce Dieu va plus loin : de manière dramatique, Dieu montre à quel point il est intimement lié à sa création et aux hommes qu’il a crées ; il s’inscrit lui-même en plein centre de cette histoire avec le personnage de Jésus, qui nous montre exactement comment Dieu est. Et quelles sont les caractéristiques les plus évidentes de Jésus ? La compassion, l’amour, la grâce, l’humilité.

« Il faudrait que Dieu vienne et qu’il me montre lui-même qu’il existe ! »… Il l’a fait.



[1] Dans son livre recent God is back: How the Global Rise of Faith is Changing the World, Adrian Woolridge & John Micklethwait, éd. Allen Lane, 2009

mardi 17 novembre 2009

Introduction à l'apologétique

Alors, vous pensiez que je m’étais dégonflé, n’est-ce pas?

En fait, depuis que j’ai commencé ce blog, j’ai eu l’opportunité et l’honneur d’écrire des trucs plus visés, afin d’aider l’église locale. La série de posts que je vais mettre ici est le résultat, édité, d’un gros travail de recherche que j’ai fait au mois de juillet.

C’est mon humble contribution à l’apologétique (la défense de la foi chrétienne). Je pense que c’était le bon moment pour moi d’écrire quelque chose sur le sujet ; si je m’y étais mis avant, je me serais probablement perdu dans les données historiques, archéologiques (qui sont, en effet, plutôt hallucinantes, et il vaut vraiment la peine de les étudier, mais il y a tant de personnes qui l’ont déjà fait et bien, je vous envoie les lire : Lee Strobel, The Case for Christ, traduit en français Jésus, la parole est à la défense), en les présentant d’une manière agressive, pensant que convaincre est la clé pour la conversion d’une personne. Récemment, j’ai vu que ce n’est pas ainsi (« Waah, vraiment ? Tu t’en es rendu compte, Joey ? » ok, j’accepte, j’ai été vraiment ignorant).
Tout ceci pour dire qu’à travers mon étude récente, je me suis vraiment rendu compte de comment c’est important de répondre aux questions des gens qui ne croient pas, mais pas dans la manière dont je le faisais avant. Par la grâce de Dieu, mon esprit est renouvelé, comme il l’est pour tous ceux qui sont en lui, parce qu’on a tous besoin d’être changé.

J’ai envie de partager certaines de mes pensées, énormément influencées par et parfois même plagiant Tim Keller, et son livre The Reason for God, qu’il serait un plaisir pour moi de traduire !
L’idée générale, simple et directe, de cette série est la suivante : la réponse à tout, c’est Jésus. Si vous travaillez un peu avec moi, vous verrez que ce n’est pas toujours si simple, mais qu’une fois vraiment comprise cette puissante vérité fondamentale, ça va vous transformer et vous aider énormément à parler non seulement à la tête, mais aussi au cœur de tout le monde, qu’ils soient croyants ou non, parce que vous apprendrez à mettre le doigt sur le cœur de leurs problèmes.
Introduction :
L’apologétique est un terrain miné pour le chrétien (ou la chrétienne), et il (ou elle) se doit de faire attention où il met ses pieds, car les dangers sont maints, et il risque de faire au moins une de ces trois erreurs :
- Entrer dans la discussion avec une attitude de supériorité et d’arrogance plutôt que de grâce et d’humilité ; la discussion sera vaine parce que l’interlocuteur n’écoutera pas le point de vue de quelqu’un avec un tel comportement.
- Utiliser des arguments qui sont évidents du point de vue chrétien, mais pas du point de vue de l’interlocuteur, ou encore pire, utiliser des arguments carrément fautifs des points de vue historique, archéologique, logique ou philosophique, et parfois même biblique ; en ce faisant il ne mène l’interlocuteur nulle part, risquant même de faire de graves dégâts parce que son approche ne paraît pas honnête, la Bible apparaît incohérente et la foi chrétienne semble offensive ou stupide.
- Tourner en rond sur des sujets, des questions, des problématiques de peu d’importance, sans mener l’interlocuteur à Christ crucifié, ainsi restant à tourner dans le champ de mines jusqu’à ce qu’il commet une des erreurs ci-dessus, une mine explose, ou la conversation se termine laissant l’interlocuteur confus et inchangé. (Ces trois catégories viennent de mon témoignage personnel, qui n’est vraiment pas beau parce que je commets continuellement ces fautes ! Mais j’apprends.)
En fait, quand on partage notre foi, la seule chose qui devrait offenser, c’est l’évangile. L’intérêt de toute prédication, c’est d’arriver à l’évangile, et il en est de même pour quand on parle à nos amis, chrétiens ou pas. L’intérêt de l’apologétique, c’est de créer une fissure dans la barrière du cœur des individus afin de leur prêcher Christ ! Pourquoi ? Parce que Christ crucifié est la réponse à toute question et problématique philosophique et existentielle, d’une manière où d’une autre.
La réalité c'est que nous résistons tous les vérités de Dieu, parce que souvent elles impliquent un changement dans nos vies et l’humble repentance qui va avec, mais le truc qui est beau, c’est que Jésus ne nous demande jamais de faire des trucs dans nos propres forces, et lui, il a déjà tout fait pour nous donner le libre accès à la source de la plus grande force de l’univers : la grâce de Dieu.
Ce qu’il faut retenir, c’est que Jésus sur la croix est le centre de tout ce qui fait l’univers, et quand nos regards se tournent vers ça, on commence à comprendre les choses qu’ils ne comprenaient pas avant. C’est pour ça que Paul, avec confiance dit :
Car j’avais décidé de ne connaître parmi vous rien d’autre que Jésus-Christ, et Jésus-Christ crucifié.
1 Corinthiens 2.2

lundi 6 juillet 2009

Genève en flammes...





Malgré toutes les conférences, les événements organisés célébrant le 500ème anniversaire du père réformateur et le 450ème anniversaire de l’Université qu’il a fondé, je n’avais pas trouvé le temps, ou la force d’aller en voir un seul. Je pense que cela venait aussi d’une touche de scepticisme de ma part, à cause du fait qu’en général, pour une raison qui m’échappe, les Genevois, en fait tout le monde en général, ne sont pas fans de Jean Calvin. Vu comme un dictateur, une personne austère et rigide, il ne vient pas à l’encontre des attentes relativistes et libertines de notre société postmoderne illuminée… On oublie que c’est lui, avec les autres réformateurs qui ont en effet écrit l’introduction à l’époque de l’illuminisme, en la signant « Post Tenebras Lux »… C’est pour cela que j’ai été complètement choqué par cette représentation, présentant un portrait de Calvin très équilibré, humain, même positif. La pièce, écrite par un Genevois qui a fait sa recherche de manière sérieuse, fut un vrai régal.





C’est en me promenant dans le parc des Bastions il y a quelques semaines que j’ai vu pour la première fois la scène installée devant le mur des Réformateurs et les acteurs en train de répéter. Je me suis dit, après avoir observé pour quelques minutes « Il faut que je voie cette pièce ! » et j’ai eu le privilège d’en voir la première représentation ce mercredi, par un temps fabuleux, justement dans la fraîcheur estive du soir, devant le mur historique, avec une miniature de la vieille ville bloquant la vue des statues colossales des géants de la Réforme… Je me demande comment cela devait être pour les personnes assises à côté de deux jeunes fans de théologie réformée, avec nos gestes d’enthousiasme, nos « Yes ! » et « Amen ! » et « Yeee man ! », surtout dans les moments qui leur semblaient les plus étranges, peut-être même contrariants !... On s’est bien amusé :) !





Une des choses les plus intéressantes de la pièce est qu’elle montre les différents aspects de la Réforme : une réforme théologique, économique, juridique, sociale, politique… C’est quelque chose dont je ne me rendais pas compte jusqu’à récemment, mais la force de la réforme reste dans le fait que l’ajustement théologique a entraîné un changement radical de la société, qui perdure encore jusqu’à aujourd’hui, et a eu un impact non seulement sur Genève, mais sur le monde entier !...





Les scènes les plus émouvantes de la pièce sont sans doute celles où Calvin parle à sa femme, quand il n’est pas en train de se battre contre tout le monde et il montre au mieux sa passion et son humanité.




On a ri, presque pleuré, mais a la fin, on est resté sans paroles pour quelques instants, au dévoilement des colosses des réformateurs… Vus tant de fois en passant par le parc, mais pour la première fois mis dans leur contexte historique d’une manière si vivante… Moi et Séb, main devant la bouche, complètement émus. Après ce moment, on n’en revenait plus… On se promenait dans les rues de la vieille ville, sentant l’histoire passer sous nos pieds, traversant les murs, tournoyer dans nos bières, sachant qu’on vit réellement dans les conséquences de la vie de cet homme et que désormais, c’est à nous de faire avancer l’histoire de la Réforme, avec chaque décision qu’on prend, quel que soit l’aspect de notre vie concerné…



Ne ratez pas ce spectacle.

mardi 12 mai 2009

Ca bosse...

Je sais que ça fait des semaines que je n’écris rien, et je voulais laisser un petit mot pour vous rassurer, je ne me suis pas déjà dégonflé de ce projet… En fait, j’ai récemment été énormément inspiré, à travers de l’enseignement excellent, pour écrire une série de posts basées sur l’application de l’évangile dans la vie de tous les jours. J’espère que ça va vraiment aider ceux qui les lisent à non seulement connaître Jésus mieux, mais aussi savoir mieux comment le présenter à leurs amis !

La raison pour laquelle je n’ai pas démarré ce projet est celle des études. Les examens approchent et j’ai passé deux semaines à travailler sur d’autres projets pour mes cours. Je veux dire un mot sur ça, pour les étudiants au collège, à l’uni, et autre part… C’est tellement facile de laisser des choses comme les examens et le travail scolaire prendre une place énorme, non seulement dans le temps qu’on y investit, mais aussi dans nos pensées. Ce sont des circonstances qui mènent au stress et à la frustration et qui, au final, ont tendance à éloigner nos cœurs de Dieu, parce qu’on croit qu’on peut seulement faire confiance à nos efforts dans ces situations… Je sais que vous l’avez entendu probablement mille fois, mais ça, c’est pas bien. À peine on commence à stresser sur ces choses, on perd la perspective de l’éternité. Ce qui est le plus important, ce n’est pas notre succès dans la vie, mais notre relation à la source de toute vie. À peine on met confiance dans nos propres efforts plutôt que dans sa puissance, on se détache de la réalité d’un Dieu capable de faire bien au-delà de toutes nos attentes (Ephésiens 3,20).

Mais si au contraire, on décide de lui faire confiance… On peut avancer dans la paix. On peut travailler dur, tout en sachant qu’il y a quelqu’un de souverain au-dessus de toutes nos situations, et qui opère pour notre bien (Romains 8,28).

Or, certains diront, « mais ça, c’est logique ! Si tu penses qu’il y a quelque chose de puissant qui t’aide, ça va te calmer, mais ça veut pas dire que c’est vrai. » C’est ce qu’on appellerait la logique du placebo : un médicament complètement inutile qui te fait sentir mieux parce que tu y crois… Toutefois, il y a un problème : s’il y a vraiment un problème à résoudre et une situation désespérée, un « dieu-placebo » n’apportera aucune réponse, aucun aide, aucun miracle. Si on échoue nos exas, un dieu placebo ne pourra pas nous apporter confort et signification, si au milieu d’un examen on a un trou, on ne peut pas s’attendre qu’un dieu-placebo nous rafraîchisse la mémoire… Je peux témoigner de maintes fois où j’ai tout simplement prié dans une salle d’examen parce que je ne comprenais pas la question, ou parce que j’avais oublié un détail, et avoir reçu la réponse ! Coïncidence ? Pour les cyniques, oui… Mais moi, je sais que mon Dieu n’est pas un « dieu-placebo » et que même si je ne réussis pas, il sera toujours là pour m’apporter son confort et son amour. Je rentre dans ma salle d’examen avec ma confiance en lui !

mercredi 15 avril 2009

Évangélistes

Plusieurs conversations récentes m’ont porté à réfléchir sur une question importante pour le chrétien radical... La semaine dernière, j’étais dans une chambre avec une demi-douzaine de leaders de petit groupe en formation, réunis pour se poser des questions sur la direction et le déroulement d’un workshop, comme on les appelle. La discussion mena à la question suivante : « Quelle est la mesure du succès d’un workshop ? » Quelle est, par extension, la mesure du succès d’un chrétien, dans sa vie ? Il y a la dichotomie constante du désir de grandir en nombre, et en même temps le désir de croissance interne, d’approfondissement dans la compréhension du caractère de Dieu, de la parole. L’idée qu’on doit sortir et prêcher aux autres, mais qu’on doit aussi passer du temps en solitude pour lire la Bible et prier. Les deux prennent du temps et paraissent être en opposition, selon cette perspective…

Mais la réalité, c’est qu’en voyant les choses comme ça, la chrétienté devient quelque chose qu’on fait, plutôt que quelque chose qu’on est. On coche la case « chrétien(ne) » et on se rend compte qu’on doit suivre une série de commandements, de pratiques, de règles. Quand on arrive à ça, on finit par voir certaines pratiques comme plus importantes que d’autres, tels que la contemplation plutôt que l’évangélisation, et vice-versa. On finira par mesurer notre succès en termes de nombre de personnes auxquelles on parle de Jésus, ou d’heures qu’on passe à prier… Dans le workshop, on verra le succès comme la croissance en nombres ou la croissance de la connaissance biblique des membres. Mais, comme je l’ai déjà dit, on voit là que la chrétienté devient une série de pratiques ou de règles, même s’il n’y en a qu’un soupçon, même si c’est avec des bonnes intentions.

Toutefois, et merci Dieu, être chrétien, ce n’est pas suivre des règles ou des pratiques… C’est connaître quelqu’un. Être chrétien, c’est être un fan, un ami, un adorateur, un disciple de Jésus Christ. Ce n’est pas vivre une vie de perfection selon un code, c’est reconnaître Sa perfection et mon imperfection. Voir ma faute, et connaître son pardon. Ce n’est pas être mieux que quelqu’un d’autre, mais voir qu’il n’y en a qu’un qui est le meilleur. On finit si facilement par se perdre dans les règles, les pratiques, les programmes, qu’on oublie le message central, l’objectif final. Martin Luther a justement dit que les êtres humains sont, par défaut, religieux : c’est-à-dire, qu’ils soient chrétiens, athées, ou autre, ils trouvent une série de croyances-base, et de règles qui vont avec, et les suivent. C’est pour ça que c’est si facile de méprendre le message de Jésus : il nous appelle à l’aimer, le connaître, le suivre. Nous, on veut faire toutes sortes de choses que nous croyons lui feront plaisir ; lui, il nous appelle à passer du temps avec lui… Il y a une belle différence. Et elle est belle.

Je maudis le jour où j’évaluerais le succès de mon workshop en termes de croissance numérique, même si c’est une bonne chose ; ou le jour où je mesurerai la force de mon workshop en termes de la connaissance théologique de ses membres, même si ça aussi, c’est quelque chose de bon… La question vraie est la suivante : est-ce qu’on est en train d’apprendre à connaître Jésus davantage ? Est-ce qu’on est émerveillés, épris de sa présence, de son caractère, de son amour ?... Est-ce que quelqu’un, quelque part est en train de s’approcher plus de Jésus ?

Le légalisme est une mauvaise herbe subtile, qu’il faut éradiquer à sa base. Il n’y a rien que moi, toi, quiconque puissions faire, pour être mieux acceptés dans la présence de Dieu ; il n’y a rien que je puisse faire qui va me donner davantage d’accès à Dieu. Pourquoi ? Parce qu’il a déjà tout fait pour que j’aie l’accès complet à sa présence. Les choses que je fais, je ne les fais pas pour être mieux aimé par Dieu – cela ne porterait qu’à une quête infinie de perfection ; je fais ce que je fais parce que je suis déjà complètement aimé par lui, et ma réponse à ça, c’est de l’aimer aussi. Il y a une belle différence. Et elle est belle.

Il n’y a pas de place à la vantardise, mais « nous qui, sans voile sur le visage, contemplons comme dans un miroir la gloire du Seigneur, nous sommes transformés à son image, de gloire en gloire, par l’Esprit du Seigneur. » (2 Corinthiens 3 :18) C’est en connaissant Jésus, en contemplant sa gloire, en l’aimant et en approfondissant notre connaissance, notre compréhension, notre amour pour lui, que nous allons rayonner sa gloire, comme un miroir. Comme la Terre reflète la lumière du Soleil et le Soleil produit la vie sur la Terre, ainsi nous tournons notre regard sur lui, pour qu’il nous donne la vie ! Ainsi notre lecture de la Bible, notre prière, notre partage de la foi avec les autres ne seront pas motivés par un sens de devoir, ou par peur de ne pas être acceptés en fin de journée, mais par notre amour pour lui et la vie qu’il nous donne !

Hier soir j’étais en conversation avec un ami, un débat qui a tourné à l’engueulade… Puisque je suis une personne passionnée, et aussi pas mal fière, j’étais, à certains moments, un piètre exemple d’arrogance et vantardise ; mais la réponse à ce problème, comme dirait Tim Keller, ce n’est pas d’être moins passionné, moins convaincu : c’est l’être davantage ! Pas de soi-même, mais de l’évangile : un message qui nous appelle à voir que nous n’avons pas toutes les réponses, mais qu’elles se trouvent en Jésus, que nous ne sommes pas les meilleurs, mais d’autres peuvent montrer plus de droiture morale que nous, mais que toutefois, Jésus en est l’exemple final ; que la réponse au désaccord n’est pas la fierté, mais l’humilité. Notre sauveur nous en donne l’exemple ultime, en mourant pour ceux qui ne l’aiment pas et en priant pour le pardon de ceux qui ne l’écoutent pas. Notre job n’est pas de convertir qui que ce soit, mais de rayonner de sa bonté, dont il nous remplit volontiers… ! (Encore une fois, pas de place à la vantardise : c’est lui qui nous remplit !)

Un évangéliste n’est pas une personne qui prêche à la figure de tout le monde, mais une « personne de l’évangile » : qui respire, boit et vit l’évangile, qu’elle soit toute seule dans une chambre ou au milieu d’un centre commercial, qu’elle soit à l’église, ou dans son lieu de travail.
La seule manière d’évaluer le succès, c’est quand on voit les fruits de l’Esprit : « l’amour, la joie, la paix, la patience, la bonté, la bienveillance, la foi, la douceur, la maîtrise de soi. Contre de telles choses, il n’y a pas de loi. » (Galates 5 :22-23) Certains diront, « ça, c’est une attitude condescendante ! » Vous pourrez leur dire : « Je t’aime ! »

Contemplons sa gloire, soyons transformés !

mardi 7 avril 2009

« La plus belle ruse du diable c'est de faire croire qu'il n'existe pas »

… Attribuée à tellement d’auteurs et philosophes chrétiens et non, cette phrase recèle une vérité certaine. Encore plus vraie est la phrase mémorable de C.S. Lewis qui suit :

« Il existe deux erreurs, contraires en nature, mais égales en valeur,
dans lesquelles notre race peut tomber, concernant les démons. L’une est celle
de ne pas croire en leur existence. L’autre consiste à y croire, mais en
ressentir un intérêt excessif et malsain. Eux, sont satisfaits autant de l’une
comme de l’autre, et se délectent avec autant de plaisir d’un matérialiste comme
d’un magicien. »
(The Screwtape Letters, traduit de l’anglais. Livre traduit en français et
intitulé Les tactiques du diable, éditions Temps présent 2007, que je ne
possède pas.)


On a passé tout le mois dernier sur le sujet des « Tactiques du diable » dans mon église. Bizarre, direz-vous… Oui. Néanmoins, le discours était très terre-à-terre et Jésus fut glorifié au travers. Ce n’est pas un mauvais sujet de discussion, il faut juste le manier avec circonspection.

Figurez-vous mon étonnement quand, en plein milieu de cette série, la chaîne nationale américaine « abc » annonça son débat télévisé annuel, sur le sujet, cette fois-ci, « Satan existe-t-il ? » ! Les hôtes du débat étaient mon héros, Mark Driscoll, avec Annie Lobert, ex-prostituée, convertie, et de l’autre côté, Deepak Chopra avec Carlton Pearson.

… Quelle étrange question à débattre sur la télé nationale ! Originale, certes, mais étrange!
Malheureusement il n’y a pas de traduction, mais j’encourage ceux qui comprennent l’anglais de regarder le débat, en y accédant à travers ce lien :



… Je dois dire que je suis énormément satisfait du résultat de ce débat, c’est-à-dire que Mark Driscoll a pris cette opportunité pour parler énormément de Jésus et au long de toute la discussion, il était de loin le participant le plus clair et cohérent.

Malheureusement, dans un débat, il n’y a pas toujours l’opportunité de reprendre chaque chose dite et la déconstruire, mais j’aimerais reprendre certaines des déclarations et des sens implicites de Chopra en particulier, qui est évidemment intelligent, mais qui non seulement s’est contredit plusieurs fois au long du débat, et qui parfois ne faisait aucun sens (exemple du début : en parlant de contraires il parle du froid et de la chaleur, et il le répète plus tard, mais le froid n’est pas le contraire de la chaleur, simplement l’absence… Ce qui est bizarre, quand il sort tous ses faits scientifiques), non, surtout, il a montré une ignorance phénoménale, au niveau de ses connaissance sur la chrétienté (malgré sa mémorisation de versets entiers !), mais pire, une ignorance morale, quand il s’est implicitement placé au-dessus de toute personne avec un fond de croyance religieuse qu’elle qu’elle soit !

Il commence tout d’abord avec un discours interminable sur « ce que l’on SAIT » sur l’univers, disant que la Bible est en contraste avec tout cela : deux choses à dire sur ce point ; tout d’abord, on ne SAIT rien sur la nature de l’univers, et mettre des dates exactes sur ce qui n’est pas vérifiable n’est pas très sage, MAIS j’ajouterais que la Bible n’est pas en contraste avec ces choses (sauf l’évolution), car elle ne parle pas dans le langage de la science quand elle vient à la création de l’univers, mais celui de la poésie et de la musique, voir Genèse 1, qui n’est pas là pour dire comment ou quand les choses ont été faites, mais pour chanter la louange de celui PAR QUI elles ont été faites !

La réalité c’est que souvent, le discours de Chopra va à l’encontre de la logique, et des faits de l’histoire ; en tant que brave postmoderniste, il accepte que l’expérience personnelle soit vraie pour une personne, mais pas nécessairement vraie pour quelqu’un d’autre, ce qui la rend automatiquement fausse pour la personne en question ; voilà qu’au nom de la tolérance, on devient hypocrite.

Il déclare et répète que la religion et la croyance fervente sont la cause de tous les maux et de toutes les guerres dans le monde, quand l’histoire du XXème siècle montre que les plus grands massacres se sont faits au nom de l’athéisme… Donc en fait il a raison. :)

Une chose qui me dérange, c’est qu’il fait sembler que la Bible est un livre qui limite Dieu et son pouvoir, et que les chrétiens pensent avoir tout compris et entendu sur Dieu, quand ce n’est tout simplement pas le cas. Il dit que ce qui est infini ne peut pas être défini par ce qui est fini, et qu’en définissant Dieu, on le limite automatiquement, mais la réalité, c’est que Dieu peut donner une révélation de soi-même, par forme écrite, et de dire qu’il ne peut pas c’est le limiter (une des plusieurs phrases sans suite qu'il sort…). De plus, la Bible montre une image de Dieu plus grande qu’aucun homme ne pourrait jamais imaginer, et elle ne dit jamais : « voilà, on a compris Dieu », ce qu’il accuse les chrétiens de faire. On reçoit une révélation de Dieu, on apprend quelque chose sur lui, mais cela nous laisse dans la plus profonde admiration en reconnaissant qu’il est encore plus grand de ce qu’on pourrait comprendre. A.W. Tozer commence son livre de théologie systématique en disant qu’il faut savoir comment Dieu est, mais c’est impossible de savoir comment Dieu est, parce qu’il est inconnaissable, mais que toutefois, nous pouvons savoir des choses sur lui parce qu’il nous les révèle. Heureusement qu’il le fait, sinon on devrait justement s’inventer des choses sur lui, ce que la Bible ne fait pas ! Et dire que les qualités que la Bible présente de Dieu le limitent porte à poser la question : « est-ce que tu arrives à imaginer un Dieu plus grand que Yahvé? »

Mais la chose qui me trouble le plus, c’est que Chopra, en parlant de l’évolution et l’entropie et en les appliquant à un domaine socio-psychologique, dit que la société humaine est arrivée à un point où la religion n’est plus nécessaire, mais que c’est la force qui se bat contre l’évolution des esprits, et donc tous ceux qui ont un manque d’éducation et de connaissance, et qui s’attachent primitivement à leur mythes (j’utilise ses termes là) sont ce qu'il définirait le mal dans le monde… C’est troublant, parce que ça met tout ceux qui ont des croyances monothéistes dans le monde entier dans une catégorie de conscience inférieure, et l’établit, lui, illuminé, comme au-dessus de tous les autres, mais il a des tournures sournoises pour s’en sortir quand il ne veut pas l’admettre… Moi je suis là (tout haut), et les autres sont là (bien plus pas). Pour une personne qui parle de tolérance et d’harmonie, ça me paraît légèrement arrogant. Il s’attache là à l’idée que le plus on évolue avec la science et la technologie etc… le plus la religion perdra son pouvoir, idée très populaire il y a quelques dizaines d’années, mais qui a désormais été empiriquement réfutée : le monde est bien plus croyant aujourd’hui qu’il ne l’était il y a 50 ans, et ce dans des endroits qui ont vu une énorme croissance technologique, sociologique et économique… (Argument inspiré de Tim Keller dans son livre The Reason for God, éditions Hodder & Stoughton, 2008) Il y a également plus de scepticisme, mais dire que les croyants sont mauvais et les sceptiques sont les bons… Il en faut du courage !

À la fin, comme il le dit lui-même : « Je désire chercher la compagnie de ceux qui recherchent la vérité, mais je veux m'échapper en courant de ceux qui disent qu’ils l’ont. »… C’est comme une personne qui brise volontairement la branche qui pourrait la sauver d’une mort certaine. (Image empruntée à la pièce de théâtre The Green Stick, écrite par mon ami, Liam Thatcher)

L’apologétique se doit d’être faite d’une manière respectueuse et amicale, sinon on ne peut s’attendre à gagner les cœurs de qui que ce soit pour la vérité de Jésus, qui les aime avec passion, mais il faut aussi venir avec des faits, et dénoncer l’ignorance de ceux qui se voudraient plus intelligents des autres.

Ce qui me fait le plus plaisir à la fin de tout cela, c’est que c’est Jésus qui a occupé la discussion plus que le diable, parce qu’en fait, se concentrer sur ce dernier n’aide personne, mais voir Jésus, le grand et victorieux, c’est ça qui aide, c’est lui qui résout les problèmes…

mardi 31 mars 2009

Théologie de la théologie...

Genève, le 30-31 Mars 2009

Ca peut paraître étrange, mais en venant à ce projet, je veux commencer en prêchant à moi-même : ce que j’entends par cela, c’est que je dois me rappeler de quelque chose : j’aime le savoir ; j’aime en savoir plus que les autres et j’aime être dans cette position de pouvoir… Quand j’étais au lycée, je me moquais, avec les gars, des filles qui posaient des questions qu’on jugeait stupides… C’est le genre de gars sympa que je suis ; c’est ma prédisposition charnelle et ça s’appelle de l’orgueil. Or, Dieu n’est pas particulièrement fan des orgueilleux, et il s’est mis au travail pour me mettre à ma place. Quand j’ai commencé à étudier la théologie, assis en cours, je souriais à moi-même quand quelqu’un posait une question à laquelle je connaissais la réponse, mais je me suis vite rendu compte que c’était une mauvaise habitude, que j’avais prise justement au lycée, qui n’honore pas Dieu et qui empêche les gens de poser les questions qu’ils ont à poser, par peur qu’on se moque d’eux… Un jour, en lisant ma Bible, j’étais dans 1 Corinthiens 13 – un de ces passages que l’on croit connaître, mais ce jour là, le Saint-Esprit m’a montré quelque chose en particulier. Les versets 9-12 :

« Car nous connaissons en partie, et nous prophétisons en partie, mais
quand ce qui est parfait sera venu, ce qui est partiel disparaîtra. Lorsque
j'étais enfant, je parlais comme un enfant, je pensais comme un enfant, je
raisonnais comme un enfant; lorsque je suis devenu homme, j'ai fait disparaître
ce qui était de l'enfant. Aujourd'hui nous voyons au moyen d'un miroir, d'une
manière obscure, mais alors nous verrons face à face; aujourd'hui je connais en
partie, mais alors je connaîtrai comme j'ai été connu. »

Ces versets, entre autre, semblent dire que quand Jésus revient, et nous sommes régénérés complètement, toute connaissance disparaîtra, c’est-à-dire, nous saurons… Au moins ce qui est digne d’être connu.

Je me suis rendu compte qu’au ciel, il n’y aura pas un moment dans l’éternité où j’en saurai plus que quelqu’un d’autre, où je pourrai jouir de cet orgueil éphémère, car nous serons tous en train de découvrir Dieu ensemble ! Et c’est alors que j’ai vu mon arrogance, de me croire meilleur qu’un autre, tout simplement parce que j’ai lu un bouquin sur le sujet de discussion! Les premiers deux versets de ce chapitre me décrivaient à perfection : une cymbale retentissante : « Regardez comme je sonne fort ! », « Oui, mais c’est pas très beau à entendre… »

La même lettre déclare (1 Cor. 8 :1) : « La connaissance enfle, mais l’amour édifie. » J’ai dû abandonner ce comportement enfantin (13:11), me repentir de cette attitude d’autoglorification et voir comment Dieu voulait m’utiliser.

La vérité, c’est que Dieu a mis en moi un vrai désir d’enseigner, de passer quelque chose de valeur aux autres, et si je viens avec cette attitude à l’enseignement, une attitude d’amour, il y a un fruit réel d’édification du corps de Christ…

Et c’est avec cette attitude que j’entreprends ce projet, un blog théologique, pour l’édification de l’église, de tous ceux qui veulent être ressourcés, et comprendre mieux la parole de Dieu, son contexte, et le grand dessin qu’elle présente…

En lisant le mot « théologie », plusieurs personnes ont décidé de s’arrêter là, « non merci, pas pour moi ! » Cela me brise le cœur, parce que je sais que plusieurs ont eu des expériences très négatives liées à ce terme, qui les rapporte à des discussions ridicules telles que : « est-ce que les Inuits doivent importer du pain et du vin pour faire la communion au Pôle Nord ? », ou leur rappelle leurs cours de catéchisme, ou encore de religion à l’école ; des églises se sont séparées sur des questions de théologie ; des guerres ont été faites ; certains ont utilisé des mauvaises interprétations de la Bible pour abuser de leur pouvoir de manières grotesques… À cause de ça, il y en a qui voient la théologie comme un instrument de séparation, et non d’union.

Mais malgré tout cela, je veux en parler, et la raison est la suivante : j’aime Dieu. Je l’aime, et la seule manière que je peux être sûr de mieux le connaître, c’est de lire la Bible, étudier ce qu’elle me dit à propos de lui. « Théologie » signifie littéralement « les mots de Dieu », de theos qui veut dire « Dieu » et logos qui signifie « parole » en grec. Je veux connaître les paroles de Dieu, et je veux que les autres autour de moi les connaissent aussi et les comprennent ! A.W. Tozer, un des grands prédicateurs, pasteurs et écrivains du XXème à déclaré qu’une mauvaise connaissance du caractère de Dieu risque de nous porter à louer quelque chose ou quelqu’un qui n’est pas Dieu, ou moins que Dieu. Le but ultime de l’étude théologique, ce n’est pas le litige, ou même le débat, mais la louange : se rapprocher de Dieu, et l’aimer plus profondément, en connaissant un peu plus de son caractère infini. Et c’est ainsi que les vrais enfants de Dieu se reconnaissent: ceux qui aiment se poser à ses pieds, devant son trône, pour adorer sa présence et le connaître davantage : la révélation de Dieu unit.

Je vous prie de me suivre dans cette aventure qui débute ; qui sait, peut-être que vous apprendrez quelque chose, je sais que moi j’apprendrais beaucoup ! Si vous avez des sujets que vous aimeriez que j’adresse en particulier, écrivez-moi un mot et je verrai ce que je peux faire ! Entretemps, que Dieu vous bénisse !