lundi 6 juillet 2009

Genève en flammes...





Malgré toutes les conférences, les événements organisés célébrant le 500ème anniversaire du père réformateur et le 450ème anniversaire de l’Université qu’il a fondé, je n’avais pas trouvé le temps, ou la force d’aller en voir un seul. Je pense que cela venait aussi d’une touche de scepticisme de ma part, à cause du fait qu’en général, pour une raison qui m’échappe, les Genevois, en fait tout le monde en général, ne sont pas fans de Jean Calvin. Vu comme un dictateur, une personne austère et rigide, il ne vient pas à l’encontre des attentes relativistes et libertines de notre société postmoderne illuminée… On oublie que c’est lui, avec les autres réformateurs qui ont en effet écrit l’introduction à l’époque de l’illuminisme, en la signant « Post Tenebras Lux »… C’est pour cela que j’ai été complètement choqué par cette représentation, présentant un portrait de Calvin très équilibré, humain, même positif. La pièce, écrite par un Genevois qui a fait sa recherche de manière sérieuse, fut un vrai régal.





C’est en me promenant dans le parc des Bastions il y a quelques semaines que j’ai vu pour la première fois la scène installée devant le mur des Réformateurs et les acteurs en train de répéter. Je me suis dit, après avoir observé pour quelques minutes « Il faut que je voie cette pièce ! » et j’ai eu le privilège d’en voir la première représentation ce mercredi, par un temps fabuleux, justement dans la fraîcheur estive du soir, devant le mur historique, avec une miniature de la vieille ville bloquant la vue des statues colossales des géants de la Réforme… Je me demande comment cela devait être pour les personnes assises à côté de deux jeunes fans de théologie réformée, avec nos gestes d’enthousiasme, nos « Yes ! » et « Amen ! » et « Yeee man ! », surtout dans les moments qui leur semblaient les plus étranges, peut-être même contrariants !... On s’est bien amusé :) !





Une des choses les plus intéressantes de la pièce est qu’elle montre les différents aspects de la Réforme : une réforme théologique, économique, juridique, sociale, politique… C’est quelque chose dont je ne me rendais pas compte jusqu’à récemment, mais la force de la réforme reste dans le fait que l’ajustement théologique a entraîné un changement radical de la société, qui perdure encore jusqu’à aujourd’hui, et a eu un impact non seulement sur Genève, mais sur le monde entier !...





Les scènes les plus émouvantes de la pièce sont sans doute celles où Calvin parle à sa femme, quand il n’est pas en train de se battre contre tout le monde et il montre au mieux sa passion et son humanité.




On a ri, presque pleuré, mais a la fin, on est resté sans paroles pour quelques instants, au dévoilement des colosses des réformateurs… Vus tant de fois en passant par le parc, mais pour la première fois mis dans leur contexte historique d’une manière si vivante… Moi et Séb, main devant la bouche, complètement émus. Après ce moment, on n’en revenait plus… On se promenait dans les rues de la vieille ville, sentant l’histoire passer sous nos pieds, traversant les murs, tournoyer dans nos bières, sachant qu’on vit réellement dans les conséquences de la vie de cet homme et que désormais, c’est à nous de faire avancer l’histoire de la Réforme, avec chaque décision qu’on prend, quel que soit l’aspect de notre vie concerné…



Ne ratez pas ce spectacle.

1 commentaires:

  1. YES MAN :-)
    purée j'étais là mais je réalise à quel point t'écris bien, parce que j'aurais jamais été capable de metre les mots que t'as mis sûr ce qu'on a vécu!

    on y retourne avec les Zucchello et Danielle ainsi que Kath et George le 14, je me réjoui déjà!

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