Comme j''ai dit que j'allais le faire, même si un peu tard, je publie ici quelques choses que j'avais écrit sur l'apologétique. En relisant et en corrigeant cet article, je me suis dit qu'il est plutôt "trash", il pourrait paraître en effet un peu belliqueux. Je ne pense pas que dans un discours je présenterais tous ces arguments à la fois ou en tout cas d'une manière si abrupte, mais je pense qu'afin de condenser tous ces arguments, vu que ça aurait fini par être très long, j'ai omis l'eau de rose... Et cela me saoule de l'ajouter ici. :)
Bon, voilà:
Il semble que les athées comme Richard Dawkins n’arrivent pas à saisir l’idée d’un dieu éternel et infini, limités tels qu’ils le sont par leur point de vue scientifique de cause et d’effet, demandant des preuves pour l’existence de Dieu. Mais Dieu ne se fait pas commander par les hommes, il ne rend compte à personne et eux-mêmes n’ont pas de base certaine pour asséner que « Dieu n’existe pas ! » La réalité c’est qu’on ne peut prouver aucune des deux assertions, car Dieu est éternel et en dehors du temps, donc il n’y a pas de « particules de dieu » quelque part dans l’univers… Dieu garde l’univers dans la paume de sa main. C’est assez choquant de découvrir que l’athéisme est une croyance minoritaire dans le monde, et selon l’éditeur en chef de The Economist (qui n’est pas particulièrement chrétien) il n’y a que trois endroits au monde où on croit toujours qu’il n’y a pas de dieu : le New York Times, l’université de Harvard, et l’Europe de l’ouest.[1]
J’aimerai ici tourner la question du titre dans un autre sens à celui qui déclare « dieu n’existe pas ! » en lui demandant : « pourquoi ?... Quel est le dieu dans lequel tu ne crois pas ? » Dans cette série, je veux défier les « certitudes rationnelles » des gens sur la non-existence de Dieu, et montrer que ces certitudes mêmes sont des croyances personnelles et choisies. Et à tous ceux qui croient déjà en un dieu, je veux présenter un Dieu bien plus grand de ce qu’ils puissent s’imaginer.
Bien qu’on ne puisse prouver rationnellement que Dieu n’existe pas ou qu’il existe (mis à part les preuves des miracles qui se produisent en continuation!), on peut parler d’indices, de petits (ou gros) signes qui nous aident à voir qu’il y a en effet un Dieu, et si ceux qui écoutent ouvrent un peu leur esprit, ils pourraient être touchés, en voyant cela.
- Le « Big Bang » et l’univers (le dessein intelligent ou intelligent design en anglais) : Les scientifiques sont presque tous d’accord sur le fait que l’univers a commencé avec une « explosion d’énergie » pour ainsi dire, et qu’avant, on ne sait pas ce qu’il y avait. Les scientifiques voient le fonctionnement du monde ainsi : cause-effet, action-conséquence. Ils ont du mal à croire que « rien » a fait « tout », mais ils ont du mal à croire que ce qui aurait créé tout n’a pas d’origine… Francis Collins, chercheur scientifique extrêmement respecté et directeur du projet du Génome humain, lui-même un chrétien, s’explique ce problème de cette manière. « Je ne peux imaginer comment la nature, dans ce cas l’univers, ait pu se créer elle-même. Le fait même que l’univers ait un début implique que quelqu’un était capable de le ‘débuter’. Et il me semble que ce quelqu’un devait être en dehors de la nature. Et ça, ça ressemble fort à Dieu. » (Dans une interview en 2006, traduit de l’anglais. http://www.salon.com/books/int/2006/08/07/collins/index2.html)
La chose encore plus intrigante est de voir l’harmonie des forces constantes de l’univers, qui, si elles étaient calibrées différemment, nous ne pourrions vivre sur cette Terre. Collins implique que d’un point de vue scientifique, on dirait que l’univers était fait pour nous. Ce n’est pas une preuve, mais c’est un argument fort puissant, car de penser à l’alternative, c’est-à-dire, que ce n’est que par hasard que cet univers se soit créé et que nous puissions vivre sur cette Terre (qui est une probabilité tellement minime), n’est pas intellectuellement très convaincant, et plutôt forcé. (Et entre autre, nous laisse toujours avec la question : qu’est-ce qui a commencé tout !)
- La beauté du monde et la soif pour le divin : à partir de l’argument du dessein intelligent, on peut ajouter celui de la beauté du monde : le point de vue athée typique, face à la beauté du monde, c’est que l’on est génétiquement et/ou sociologiquement prédisposé à trouver ce monde beau, les femmes belles, la musique inspirante etc. pour des raisons évolutionnaires. Mais cet argument n’est lui-même pas entièrement convaincant pour celui qui l’évoque, parce que cela signifie à la fin, qu’il n’y a aucune signification à ce monde. Entre autre, chaque individu a un désir profond et incomblable pour quelque chose d’évasif, lié à la beauté, l’amour, la joie et la signification. Partant de l’argument que la soif pour quelque chose, comme par exemple de l’eau, implique l’existence même de cette chose (l’eau), on a besoin de l’eau, comme on a besoin de l’air, et l’eau et l’air existent. La soif pour la beauté du monde, les sentiments évoqués par l’art, la musique, le sourire d’une femme, montrent une soif pour quelque chose de divin, impliquant l’existence de ce quelque chose… La Bible dit : « Il [Dieu] fait toute chose belle au moment voulu. Il a même mis dans leur cœur la pensée de l’éternité [ou « a mis l’éternité dans le cœur de l’homme »], même si l’homme ne peut pas comprendre l’œuvre que Dieu accomplit du début à la fin. » La Bible réussit à expliquer la raison pour cette soif évasive… Nous sommes appelés à l’éternité (c’est-à-dire, une relation avec Dieu). Ce n’est pas une preuve, mais c’est un indice très pertinent.
- L’argument de la moralité : l’observation du monde naturel nous montre qu’il est parfaitement normal pour les forts de détruire les faibles, et il en est de même pour la théorie évolutionnaire. Mais malgré le relativisme du XXème siècle, il persiste dans le cœur des individus un sens de bien et de mal, qui s’est manifesté de manière très active à travers le mouvement des droits de l’homme, avec des organisations comme ‘Amnesty International’ et des mouvements comme ‘Make Poverty History’. Mais cette ligne de pensée, ne va-t-elle pas complètement à l’encontre de ce qu’on sait du monde naturel, c’est-à-dire qu’il est parfaitement normal pour les puissants d’écraser les faibles ? D’où vient ce sens de moralité, et pourquoi sommes-nous tant dégoûtés par le mal dans le monde, si la loi du plus fort fait partie de l’ordre naturel de l’univers ? Qui peut me prouver que les hommes ont des droits ? De fait, nous sommes des monstres, si l’univers est normal ; où alors, il y a en effet quelque chose de surnaturel chez l’homme qui le rend différent du monde animal, qui lui donne une valeur spéciale… Les chrétiens voient cela dans le fait qu’on est créé à l’image de Dieu (Genèse 1.27), et donc on a une valeur incommensurable. Ironiquement, c’est le christianisme qui a apporté au monde l’idée qu’on est tous égaux et dignes du même respect : l’église du Ier siècle était complètement contre-culturelle en créant une communauté d’individus composée de riches, pauvres, libres, esclaves, hommes et femmes, de différentes races et nationalités, où tous étaient considérés égaux.
La conclusion, c’est que le Dieu de la Bible est en dehors du temps et de l’espace. Il a crée ce monde, mais il n’en fait pas partie. La seule manière possible de remarquer l’existence du créateur, ou de savoir quelque chose de lui et de comment il est, serait si lui-même inscrivait quelque chose sur lui-même dans sa création, comme si Molière s’inscrivait à l’intérieur de sa pièce de théâtre. Il y a des indices dans ce monde qui sont un argument très fort que le Dieu de la Bible existe, car ils montrent une compatibilité entre ce que la Bible dit de lui, et comment le monde est fait. Mais ce Dieu va plus loin : de manière dramatique, Dieu montre à quel point il est intimement lié à sa création et aux hommes qu’il a crées ; il s’inscrit lui-même en plein centre de cette histoire avec le personnage de Jésus, qui nous montre exactement comment Dieu est. Et quelles sont les caractéristiques les plus évidentes de Jésus ? La compassion, l’amour, la grâce, l’humilité.
« Il faudrait que Dieu vienne et qu’il me montre lui-même qu’il existe ! »… Il l’a fait.
[1] Dans son livre recent God is back: How the Global Rise of Faith is Changing the World, Adrian Woolridge & John Micklethwait, éd. Allen Lane, 2009
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