samedi 16 janvier 2010

De l'eau vive... (Qu'est-ce qui rend heureux?)

« Je suis pratiquement en train de commettre une indécence. J’essaye ici d’ouvrir de force l’inconsolable secret dans chacun de vous; le secret qui fait si mal que vous vous en vengez en le traitant de tous les noms, tels que Nostalgie, Romantisme et encore Adolescence. […] Cette nostalgie perpétuelle, notre désir profond d’être réunis à quelque chose dans l’univers dont nous nous sentons déconnectés, d’être de l’autre côté d’une porte que nous avons toujours vue de l’extérieur, n’est pas une fantaisie névrotique quelconque, mais le meilleur indice de notre situation réelle. […] La sensation d’être traités comme étrangers dans cet univers, ce besoin d’être accepté, de recevoir une réponse, de traverser un vide béant entre nous et la réalité, fait partie de notre inconsolable secret. […] C’est de plaire à Dieu… D’être un véritable ingrédient dans la joie divine… D’être aimés par Dieu, non pas seulement en recevoir la pitié, mais qu’il se réjouisse de nous, comme un artiste qui se réjouit de son œuvre, ou un père de son fils. […] [D’être acceptés, reconnus, entendus par Dieu, et accueillis dans le cœur des choses. Un jour, on espère, la porte à laquelle nous avons frappé s’ouvrira finalement…] »

C.S. Lewis, The Weight of Glory (traduit de l’anglais), morceaux paraphrasés par Tim Keller

Une des questions existentielles les plus grandes : qu’est-ce que la vraie joie? Quelle est la chose qui, quand on l’obtient, on n’a plus besoin de rien d’autre pour être satisfait ?

On se trouve dans un monde où, après des milliers d’années, les hédonistes et les ascétiques pensent encore qu’ils sont originels… C’est assez drôle si on y réfléchit : les hédonistes romains étaient encore plus extrêmes que ceux d’aujourd’hui, mais maintenant, il y a une nouvelle vague aussi d’ascétisme, avec les straight-edge, les hare-krishna, les bouddhistes hippie etc. comme s’ils venaient d’inventer quelque chose de nouveau. Ces « écoles » essayent toutes de trouver le bonheur, les hommes essayent continuellement de trouver le bonheur, et ils finissent par le chercher partout. Et c’est normal de chercher le bonheur ! Mais pourquoi ne sommes-nous jamais satisfaits ?

L’Ecclésiaste à battu tout le monde de plusieurs siècles en venant à la conclusion que ces deux manières de vivre (plaisir/sagesse) finalement ne mènent à rien (Ecclésiaste 2). Pourquoi ? Parce qu’on meurt tous, et on n’y peut rien. Même si on réussit à trouver un peu de bonheur dans cette vie, sans qu’il y ait quelqu’un qui nous mette le bâton dans les roues (et déjà ça c’est difficile), ce bonheur nous est vite enlevé, car on meurt, et on laisse tout ce qu’on avait ici…

Bibliquement, la mort est entrée dans le monde avec le péché, dans la Genèse 3. Les effets immédiats de la mort étaient la séparation de Dieu. Un vide s’est créé dans nos cœurs au moment d’être séparés de notre Créateur. On est censé recevoir notre sens d’identité de Dieu, mais on finit par le chercher ailleurs. Søren Kierkegaard, le philosophe danois soutient que le péché, c’est exactement cela : chercher son identité en dehors de Dieu. C’est prendre les bonnes choses que Dieu a créé et en faire des choses « ultimes », ou absolues, des dieux !

Toute la vie est passée en essayant de combler ce vide, mais rien de ce qui est créé ne peut combler le vide infini laissé par le Créateur… On finit par louer le sexe, le succès, même la famille, on loue même les bonnes mœurs, ou la liberté, ou encore la tolérance, mais ces choses ne suffisent jamais car elles ne peuvent combler ni satisfaire et à la fin, elles nous rendent esclaves…

Les lettres de Pierre sont adressées à des églises souffrantes, sous persécution, mais il y a quelque chose d’assez étrange dans ce qu’il écrit (1 Pierre 1.8-9) :

Vous l'aimez sans l'avoir vu, vous croyez en lui sans
le voir encore et vous vous réjouissez d'une joie indescriptible et glorieuse
parce que vous obtenez le salut de votre âme pour prix de votre foi.

Ces individus ont trouvé quelque chose qui, même s’ils ne le voient pas, les remplit quand même d’une joie indescriptible, malgré toutes leurs souffrances, en plein dans leurs souffrances !!! Qu’est-ce que cette joie ?

vv.1-5 : Dieu les a faits naître de nouveau à un espoir vivant, choisis pour être obéissants à Jésus-Christ.

Jésus-Christ a apporté une transformation en eux (v.3) qui a comblé le vide, et qui les soutient, même au milieu de leurs difficultés ! Mais qui est ce Jésus-Christ ?

Jean 1.1-18 et Colossiens 1.15-24 (étudiez-les bien !) nous présentent Jésus… Le créateur (Jn 1.3, Col 1.16), Dieu lui-même (Col. 1.15, 19, Jn 1.1-2) venu parmi nous pour nous faire connaître Dieu, et pour nous donner le droit de devenir fils et filles de Dieu (Jn 1.12-13), réconciliés à lui (Col. 1.20-22). Nous avons reçu de sa plénitude (Jn 1.16). Voilà où se trouve la seule et vraie joie. On est mort à cause du péché, et le plus on essaye de combler ce trou par d’autres choses, le plus on s’approche de la mort physique. Jésus à inversé ce que nous avons fait quand nous avons choisi de pécher, en mourant pour nous. Il faut que nous mourions à notre vie telle qu’elle est et qu’on renaisse à la nouvelle vie que Jésus nous donne à travers le Saint-Esprit, car l’obéissance à Jésus c’est la vraie joie ! (1 Pierre 1.1-5)

La vraie joie vient quand on devient ce qu’on est appelé à être : un enfant de Dieu ! Tous les autres dieux nous rendent esclaves, nous soumettent à eux et nous détruisent : quand on veut être le maître de sa vie, on devient soumis aux choses auxquelles on aspire, car elles finissent par définir qui on est. Quand on soumet notre vie à Dieu, et que c'est lui qui nous définit, c’est là qu’on devient finalement libre !

Tim Keller en citant C.S. Lewis dit (traduit de l’anglais) : « Il est mieux de sentir faim pour Dieu et ne pas manger que de ne pas sentir cette faim du tout. La faim-même est en quelque sorte satisfaisante… Et ça, ça veut dire que Dieu doit être vraiment génial ! Car il est la seule nourriture dont l’appétit sans la consommation nous nourrit… Qu’est-ce que ça doit être de finalement en manger… ? »

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